Radrap faisait un cadeau merveilleux à Croquemitaine. Il ouvrait sa tabatière, en effet, il laissait celui-ci y prendre une prise de la main valide qui lui restait. Cela n’allait pas cependant sans quelque difficulté car, ainsi qu’il le disait lui-même, si Radrap voulait bien être généreux, il n’entendait pas être bête.

— Prends une prise, tonnerre de sang ! tonnait-il, mais n’en prends pas deux !… Hein ! mon général, si je n’y veillais pas, vieux farceur que tu es, tu viderais ma tabatière !

Et Croquemitaine avait tout juste pris une pincée. Il avait protesté de sa discrétion lorsque la porte s’ouvrit :

— Austerlitz ! criait une voix.

— Waterloo ! reprit Croquemitaine.

Et l’échange du mot de passe continua :

— Le Vol de l’Aigle !

— La chute du Géant !

— Plus tard la Revanche !

— C’est bon, entrez ! dit enfin Radrap.