— Halte ! Sur deux rangs… Repos !

Ce fut le dispersement.

La parade singulière s’achevait dans une débandade malheureuse. Ils toussaient, ils geignaient…

Beaucoup qui, tout à l’heure, en rang, gardaient encore une attitude martiale, se souvenaient désormais qu’ils avaient la goutte ou que de furieux rhumatismes disjoignaient leurs articulations.

— Ouf ! soufflait un vieux grognard. Deux étages, c’est haut tout de même !

Mais il fut interrompu par Radrap. Celui-ci était le chef de tous. Il commandait, tout en laissant, par coquetterie, le titre de général à l’excellent Croquemitaine qui, d’ailleurs, était toujours son ami et toujours hochait la tête approbativement.

— Silence… dans les rangs ! ordonna Radrap.

Et comme ses compagnons se taisaient, il passa sa main de bois dans un bouton de sa capote, imitant le geste fameux de Napoléon cachant sa main dans un pli de sa redingote grise.

Et Radrap, immédiatement, tenta une proclamation :

— Soldats ! commençait-il.