Bouzille avait été vu au départ, mais personne ne savait s’il avait réellement pris le train ou s’il était resté à Paris.
— Ça ne fait rien ! conclut Mon-Gnasse, Bouzille se retrouvera bien toujours !… De la graine comme ça, ça pousse tout seul !… Sûr’ment que l’bonhomme arrivera à ses cent ans sans qu’on l’aide à manger sa soupe…
Ayant cependant vérifié ceux qui l’accompagnaient, Mon-Gnasse se retournait vers le patron :
— Et alors, vieil idiot, commençait-il, qu’est-ce qu’il y a dans ta cambuse ?
Le patron du bouge semblait ahuri quelque peu. Il n’avait peut-être jamais vu une clientèle si nombreuse en son établissement.
— Il y a d’tout, mon bon monsieur, il y a d’tout !
— Bon ! riposta Mon-Gnasse. Il y a d’tout en trois bouteilles, alors, car ta bibliothèque a plutôt l’air mal garnie…
Puis sans consulter personne, car il connaissait bien les goûts de chacun, Mon-Gnasse commanda :
— Des mominettes pour tout l’monde ! Sans sucre pour les gonces et avec du fondant pour les juponnées… Allez, grouille, foutriquet !
Le patron du bouge, cependant, commençait à perdre littéralement la tête.