— Tiens, on f’ra ça d’main, disait-il, rien que pour voir la gueule des poteaux… M. l’maire, qu’on l’y dira, au bonhomme qu’a l’ruban en travers, M. l’maire, c’est pas la peine de faire du chichi !… Puisqu’on est ensemble, on s’marie ; c’est rapport à c’qu’on a des sous, maint’nant ! Tu veux, dis ?

Mais la Puce voulait tout autre chose. Contre les arcades du métropolitain, elle venait précisément d’apercevoir une baraque qui la faisait se pâmer d’aise.

— Ah ! ça, c’est rien farce ! hurlait-elle. J’veux y entrer ! Mène-moi là !

L’écriteau annonçait : Manège des Puces savantes.

Il était évidemment tout indiqué que la maîtresse de Mon-Gnasse allât voir celles dont elle usurpait le nom.

— Des puces savantes ! s’exclamait-elle. Non mais des fois !… Elles vont p’t’être me donner des conseils pour mieux y faire !

Elle lançait des regards langoureux à Mon-Gnasse qui la serrait de plus en plus.

Ils entrèrent dans la baraque. On n’y voyait pas très clair. Mon-Gnasse, qui perdait la tête et commençait à parler de radiner vers la tôle, histoire de voir si l’plumard n’avait pas déménagé, embrassa la Puce.

— T’es rien chouette ! disait-il.

Juste à ce moment, la Puce et Mon-Gnasse sursautèrent. Ils venaient, l’un et l’autre, de se sentir empoignés par le bras.