La grande cuve remplie de pièces d’or à laquelle il s’était appuyé et qui tenait presque en équilibre sur une autre cuve basculait et, soudainement, une pluie de louis d’or tombant sur le dos du mystérieux prisonnier le projetait la face contre le sol.

En l’espace d’une seconde, son corps disparaissait sous une pile de louis. L’homme suffoqua, paralysé par l’émotion, terrassé par le poids du métal sous lequel il était enseveli.

Mais alors qu’il allait essayer de s’extraire de cet amas de pièces de monnaie, l’homme résolut de ne point bouger.

Il respirait parfaitement et, s’il était immobilisé, il pouvait voir et entendre ce qui allait se passer autour de lui ; il ne risquait d’être découvert que si l’on s’avisait de venir ramasser les pièces d’or pour les remettre dans la cuve.

Or, il espérait que, pendant un certain temps au moins, nul ne songerait à le faire.

La porte de la cave s’ouvrait à ce moment, quelqu’un y pénétra, qui s’avança avec précaution. Il tenait une lanterne d’une main, de l’autre un revolver…

Cet homme s’avançait lentement, regardait autour de lui.

— Ah ! s’écria-t-il d’un ton de surprise affolée, lorsqu’il aperçut l’amas d’or renversé sur le sol, sans se douter assurément qu’un homme était caché dessous.

Mais à ce cri de surprise succédait une exclamation de désespoir. Le personnage, en effet, qui venait de s’introduire dans la cave remarquait, à côté du tuyau métallique dans lequel Fantômas avait introduit tant de louis comme dans une tirelire, une autre cuve de verre, complètement vide, celle-là…

— Encore un vol ! s’écria-t-il, mon Dieu !… mon Dieu !