— Qu’ils ne puissent pas parler, soit, s’était dit Juve, mais nous correspondrons par écrit !
Or, Juve avait connu alors une abominable déception, ni Mon-Gnasse ni la Puce ne savaient écrire…
Et depuis ce moment, et c’était bien ce qui désespérait Juve, l’enquête traînait lamentablement. Un tel faisceau de charges, de présomptions, de vraisemblances se groupait autour de Léon Drapier que le directeur de la Monnaie était presque accablé.
Il n’y avait, Juve s’en rendait bien compte, plus guère que sa haute situation qui pût faire hésiter la police.
Si Léon Drapier avait été un pauvre bougre, il aurait été sans doute, et depuis longtemps, appréhendé, jeté en prison ! Mais dans les sphères officielles, devant le scandale effroyable que ne manquerait pas de faire naître une semblable arrestation, on hésitait encore…
Juve, pourtant, se disait :
— Ils iront jusqu’au bout, on le prendra au collet… et pourtant il est innocent !
Juve, à ce moment, était beaucoup plus libre d’esprit, beaucoup moins inquiet qu’au début de l’enquête.
La persuasion où il était en effet que Fantômas jouait un rôle dans les abominables mystères qu’il vivait était pour lui, en même temps qu’une cause de trouble, un motif de tranquillité.
Juve, en effet, n’oubliait pas et ne pouvait pas oublier qu’Hélène allait incessamment arriver au Mexique débarquant du voilier qui l’avait recueillie lors de son évasion de la barge hollandaise.