Si Fantômas avait été libre, s’il avait disparu, si Juve avait cru la jeune fille exposée aux coups du bandit, il aurait été mortellement inquiet, mortellement désespéré surtout, de n’avoir pu voler à son secours.
Mais Juve, maintenant, avec son flair de policier, avait la certitude que Fantômas était à Paris. Hélène ne courait donc aucun danger, elle ne risquait rien, elle n’avait pas besoin de lui.
Et Juve ne s’en acharnait que davantage à poursuivre le misérable.
Juve, d’ailleurs, ne reculait devant rien. Ainsi qu’il en avait coutume lorsqu’il s’agissait d’enquêtes policières, il risquait le tout pour le tout. Il jouait sa vie à l’aventure, pour arriver à la vérité.
Juve s’était dit tout d’abord qu’il était inutile, qu’il était mauvais d’enquêter sous sa véritable apparence. C’était pourquoi il s’était fait si nettement une tête d’apache.
Mieux que personne, Juve savait se grimer. Il était donc méconnaissable en voyou.
Et c’était en voyou, en membre ordinaire de la pègre, qu’il avait poussé l’audace, cette nuit-là, jusqu’au point de s’introduire à la Monnaie, dans l’espoir d’y surprendre quelque chose qui pût le renseigner, lui faire deviner, au moins, l’explication des mystères dont il poursuivait la solution.
Pendant le cours de son audacieuse expédition, Juve avait recueilli des détails qui, désormais, lui permettraient d’agir car, en effet, à l’instant où il était sorti des caves de la manutention, il ne paraissait aucunement fâché d’avoir eu l’idée d’y aller faire un tour.
Que savait-il au juste, toutefois ? Qu’avait-il deviné ?
Lui seul aurait pu le dire, ce n’était pas certainement aux membres de l’Enfer qu’il allait risquer de semblables confidences.