— Par ici !… Par là !…

Juve frémit. Évidemment, c’était la rafle !

Or, à cet instant, Juve éprouvait un nouveau et très bizarre sentiment.

Pour quelques minutes, en effet, lui qui était policier, lui qui était un honnête homme, lui qui consacrait sa vie à défendre la société contre le plus redoutable ennemi de la justice, il se trouvait tout d’un coup solidaire des bandits qui l’entouraient ; il avait comme eux peur des agents qui, sur le quai, faisaient leur devoir… Les Grouilleurs, cependant, prenaient désormais des mines farouches.

— Sûrement, déclarait l’un d’eux, c’est encore les cognes qui opèrent là-haut ! Ils poissent les frères de la berge…

C’était bien ce que pensait Juve.

Le policier, en effet, qui s’était réfugié dans l’Enfer pour éviter la poursuite des agents lancés à ses trousses lors de sa sortie de la Monnaie, ne pouvait guère se faire d’illusions.

Les agents ne le trouvaient pas. Ils avaient en revanche découvert, sur les berges, tous les pauvres errants de nuit qui étaient venus dormir là, oublier un peu leur fatigue et leur détresse.

Et les agents, sans doute énervés de leur poursuite vaine, parquaient tout le monde, le triaient, s’efforçaient d’arriver à découvrir l’homme qu’ils cherchaient.

— Pauvres bougres ! soupira le policier. Ce sont eux qui vont payer pour moi !…