Quelle était l’ombre qui était sortie de l’ombre, qui se mêlait à eux ?
Et Juve, merveilleux de sang-froid, superbe de présence d’esprit, se disait à ce moment :
— Ce septième individu qui vient de se joindre à nous devait être embusqué tout près de l’entrée de l’Enfer. Il ne devait pas prendre part à la bataille. Il a dû assister à notre arrivée ! Mon Dieu ! Ce serait à croire qu’il espionnait les Grouilleurs !
Juve, en vérité, pouvait penser ainsi.
Il se passait, en effet, dans la petite bande, quelque chose d’extraordinaire, de surprenant, de mystérieux. Tandis que les six compagnons rampaient sur le sol, leur septième camarade, Juve le reconnaissait parfaitement, manœuvrait de telle façon qu’il frôlait les Grouilleurs, l’un après l’autre.
Il rompait alors quelques instants auprès d’un des hommes, puis il se laissait distancer, il en rejoignait un autre.
Juve continuait à l’observer.
— Du diable si je sais ce que cela signifie ! pensa-t-il. Cet homme n’est pas, cependant, ne peut pas être un agent ! S’il voit les autres, les autres doivent le voir aussi ; aucun d’eux très certainement n’hésiterait à le poignarder !…
Et ce fut Juve alors qui manœuvra à son tour pour se rapprocher de l’inconnu.
Juve, dédaignant la menace des balles qui sifflaient toujours de tous côtés, Juve, n’écoutant même pas les clameurs de rage qui, par moments, montaient vers le ciel noir, Juve, insensible au spectacle étrange qui l’entourait, oubliant cette bataille que des hommes se livraient dans l’ombre, Juve, sans peur, sans inquiétude, curieux seulement, pressentant un mystère et voulant coûte que coûte en avoir la solution, se relevait avec précaution.