Elles était étranges, ces paroles, elles étaient énigmatiques. Elles marquaient cependant ce qui allait être de la part de Juve une décision irrévocable.
— Fais venir ton fils ! ordonna le policier. Je ne sais si je pourrai me charger de le dresser !… Je ne pourrai le faire qu’à condition qu’il me paraisse réellement habile, réellement adroit, réellement doué… Je veux l’interroger, je veux le faire travailler devant moi, ensuite je saurai quoi te répondre !
Une heure plus tard, Juve, souriant, fort gai, prenait congé des Grouilleurs.
Il s’était longuement entretenu avec le fils du chef. Il avait, comme il le disait, fait travailler le jeune homme devant lui. Juve avait contraint son soi-disant élève à lui montrer comment il s’y prenait pour fouiller dans les différentes poches d’un passant quelconque. Juve n’avait hasardé aucune critique, aucun éloge.
— Bien, bien ! disait-il simplement.
Et lorsque le jeune homme, timidement, l’interrogeait :
— Job Askings, crois-tu que je pourrais faire quelque chose ? Veux-tu essayer de m’apprendre à être aussi habile que toi ?
Juve se contentait de répondre :
— J’essaierai de te former !
Mais Juve, en réalité, faisait là une promesse qu’il n’avait guère l’intention de tenir, et pour cause. Juve, à cette minute, quittait les Grouilleurs sans trop savoir s’il reviendrait jamais les voir autrement que pour effectuer une opération policière quelconque à leur sujet. Juve était satisfait, content de lui.