— Ma parole ! répétait-il en s’éloignant sur les berges, je n’ai pas perdu ma soirée ! Il me semble que je sais maintenant proprement voler…
Et, rentré rue Tardieu, Juve qui décidément devait rouler d’étranges projets, montait au sixième étage, réveillait le vieux Jean, le forçait à descendre dans son cabinet de travail.
Toute la nuit, Juve se livra à de surprenants exercices.
Il priait le vieux Jean de mettre son porte-monnaie dans telle ou telle poche de son habit ; délicatement alors, Juve s’efforçât de voler le porte-monnaie…
Le policier devait faire preuve de réelles aptitudes pour être pickpocket car, lorsqu’il interrogeait le vieux Jean et lui demandait s’il s’était aperçu de son vol, le vieux Jean, à chaque fois, répondait négativement.
À cinq heures du matin seulement, Juve congédia son valet de chambre.
— Tu dors debout, déclarait-il, monte te coucher !
Le vieux Jean disparut, puis cinq minutes après vint trouver Juve.
— Je suis bien fâché, monsieur, déclarait-il, mais je crois bien que j’ai perdu ma clé ; je ne peux plus entrer dans ma chambre, comment faire ?
— Imbécile ! riposta Juve. Ta clé n’est pas perdue, c’est moi qui l’ait volée ! Décidément, je deviens très habile !