Et Juve, qui pourtant était un homme grave, claqua des mains, avec une satisfaction visible !
XXIV
Fantômas, toujours !
Le domicile personnel de M. Havard, chef de la Sûreté, se trouvait quai d’Anjou.
L’important fonctionnaire n’occupait pas un appartement élégant ni somptueux.
Toutefois, son habitation était distinguée, l’ameublement sévère et correct ; à voir l’installation intérieure, de graves tentures de velours qui dissimulaient les portes, les tapisseries qui ornaient les murs et l’acajou des meubles, on se rendait compte que l’on avait affaire à quelque habitant sérieux, occupant une situation importante dont les fonctions devaient avoir une certaine austérité.
En pénétrant dans le cabinet de travail de M. Havard, beaucoup de gens auraient pu se croire chez un notaire, à en juger par les nombreux casiers adossés au mur et dans lesquels se trouvaient une multitude de dossiers enfermés dans des chemises, à la teinte uniformément grise.
Quiconque aurait observé son salon se serait dit qu’il était chez un collectionneur et un collectionneur d’objets vraiment bien étranges, car M. Havard possédait en réalité un véritable petit musée composé de tous les souvenirs personnels qu’il avait pu recueillir au cours de sa longue carrière.
Dans un écrin qui lui-même était sous un globe, se trouvait un certain portefeuille qui avait toute une histoire.
Il avait été fait en effet avec de la peau humaine, provenant d’un assassin célèbre, qui avait été guillotiné.