Ce portefeuille avait déterminé d’ailleurs, avant d’arriver aux mains de M. Havard, un formidable scandale. C’était tout simplement deux inspecteurs de la Sûreté qui s’étaient entendus avec un de leurs amis, un préparateur de l’amphithéâtre de médecine !

Cet homme, à qui les policiers avaient remis le corps du supplicié aux fins d’autopsie, en échange leur avait fait tanner avec sa peau un portefeuille !

Toutefois, la chose avait été connue de journaux, lesquels avaient crié au scandale, le préparateur de l’amphithéâtre avait été déplacé, les inspecteurs punis sévèrement et le portefeuille saisi par le chef de la préfecture de police.

Ce fonctionnaire, alors, l’avait transmis à son supérieur hiérarchique et finalement, de mains en mains, le portefeuille était arrivé chez M. Havard !

Celui-ci n’ayant plus personne à qui le donner, l’avait conservé en attendant des instructions du gouvernement et, comme le gouvernement avait cessé de s’intéresser à la chose, la presse n’ayant plus fait de tapage, M. Havard tout simplement avait gardé le corps du délit !

C’était désormais pour lui une relique qu’il montrait volontiers à ses amis, lorsque par hasard le chef de la Sûreté avait le loisir de recevoir à dîner.

Ce soir-là, M. Havard, contrairement à son habitude, était chez lui depuis trois heures.

Il avait absorbé vers six heures un frugal repas, avançant l’heure de son dîner, car il prévoyait des événements pour le reste de la soirée.

M. Havard, vers sept heures, entendit qu’on sonnait à la porte d’entrée et s’en alla ouvrir lui-même.

M. Havard, en allant ouvrir, ne doutait pas de se trouver en présence de Juve.