M. Havard ne daignait point répondre. Quant à Juve, haussant les épaules, il se contentait d’articuler :
— Allons ! en route ! Descendons !
L’escalier était large. Ce fut un spectacle tragique que celui de ces trois hommes qui le descendaient lentement. Fantômas s’avançait les mains liées derrière le dos, étroitement maintenu par Juve et par Havard, qui se tenaient de part et d’autre devant lui…
Il semblait que tout d’un coup, depuis qu’on descendait l’escalier, le Génie du crime avait compris qu’il était arrêté, que sa capture était chose faite et que, malgré toute son intelligence et sa volonté, il ne saurait triompher d’une solide paire de menottes, d’un robuste cabriolet ! Son visage avait quelque chose de sinistre et de farouche ; une expression qui n’échappait ni à Juve, ni à Havard…
Les trois hommes passaient inaperçus devant la loge enfumée du concierge, petite soupente qui, dans cette vieille maison, donnait sur la cour.
Lorsqu’ils arrivèrent sur le trottoir, les trois hommes poussèrent un cri.
Juve et Havard manifestaient leur satisfaction : la voiture cellulaire était là, avec un garde municipal debout près de la porte entrouverte.
Chose étrange, Fantômas, à la vue de cet appareil, ne semblait pas autrement ennuyé… Son visage, qui jusqu’alors semblait inquiet, exprima également la satisfaction.
— Eh bien ! articula-t-il, feignant l’indifférence, montons, messieurs !
M. Havard passait le premier, s’en allait au fond du couloir. Fantômas gravissait ensuite les marches de là voiture et venait se placer dans une des petites cellules réservées aux prisonniers qu’on transporte.