Le premier directeur qu'il vit, après M. le secrétaire du Théâtre de la Croix-de-ma-Mère, n'était ni gras ni maigre, ni petit ni grand, ni bon ni méchant, ni poli ni malhonnête, ni sot ni spirituel, ni jeune ni vieux.

C'était le type banal, le directeur commerçant.

— Monsieur, dit-il au débutant, j'ai pris connaissance de votre manuscrit, parce que c'était mon devoir ; je vous le rends, parce que c'est mon droit.

Chaque année, je lis comme cela au hasard quelques-uns des ouvrages qui sont déposés au théâtre.

D'avance, je suis bien certain de n'y rien trouver de bon ; quand, d'ailleurs, j'y trouverais quelque chose, cela ne modifierait nullement mon opinion et mes procédés.

Veuillez suivre mon raisonnement.

Un théâtre, n'est-il pas vrai, est une entreprise commerciale : je ne sors pas de là.

Vous, auteur, vous me demandez ma fourniture.

Avant d'examiner vos produits, j'examine votre marque de fabrique.

Le public préfère les chocolats A. et les champagnes B.