La misère apparaissait à l'horizon.

Les économies s'étaient englouties. Le crédit menaçait de s'épuiser.

Déjà la maîtresse de l'hôtel avait commencé à regarder son locataire d'un air sinistre, quand il accrochait sa clef au bureau, et les garçons devenaient insolents.

Ces symptômes auraient dessillé les yeux d'un moins aveugle, mais Athanase avait bien autre chose à faire ; Eulalie lui inspirait bien d'autres soucis.

En six mois, elle avait changé quatre fois de théâtre, et le fidèle satellite la suivait, entraîné dans le sillage de son étoile. Seulement, ne pouvant suffire au travail forcé que lui imposaient ces pérégrinations vagabondes, il avait résolu d'économiser les scénarios, et le même lui servait depuis six mois.

Cette pièce à tout faire avait été primitivement un drame.

Eulalie passa à un théâtre de comédie. Le drame se transforma en comédie. Il suffisait d'égayer çà et là et de modifier le dénoûment.

Eulalie passa à un théâtre de vaudeville. La comédie se métamorphosa en vaudeville. La tirade sur l'importance des beaux arts fut changée en couplet de facture.

Eulalie passa à un théâtre d'opérettes. Le vaudeville fut découpé pour la musique. Le couplet fut approprié à la poétique du lieu, et remplacé par un air qui commençait ainsi :

Les beaux arts sont le li… le li…