Faire des pièces!… Mais c'est la position de tous ceux qui n'en ont pas et aussi de beaucoup de gens qui en ont une autre.

Dans les mansardes, dans les salons, dans les ministères, dans les comptoirs, chez les potentats, les bohêmes, les vicomtes, les négociants, les docteurs, partout on fait des pièces par vanité ou par intérêt.

Pourquoi Athanase n'en aurait-il pas fait par amour?

Je vous ai dit qu'il n'était point sot. Il avait beaucoup lu, il savait l'orthographe et la passion décuplait ses mérites.

C'était trois fois plus qu'il n'en fallait.

Malheureusement la poésie et la prose, — surtout la prose d'huissier — ont toujours plaidé en séparation pour incompatibilité d'humeur.

Le clerc émancipé commettait bévues sur bévues. Sa calligraphie périclitait : dans un inventaire important, il avait omis toute la section de la batterie de cuisine ; il désertait l'étude à la nuit et dormait parfois sur son pupitre pendant le jour ; enfin douze feuilles de papier-timbré avaient disparu sans qu'on en eût retrouvé trace ; — douze feuilles, ô forfait! — sur lesquelles il avait aligné des strophes à Eulalie, — c'était son nom à elle! — et un scénario.

Le patron dévorait sa colère ; mais l'orage s'amassait. Il ne devait pas tarder à éclater.

Athanase n'avait pas encore tiré de son amour un parti très-satisfaisant.

Son bilan se dressait ainsi :