I
PARLEZ AU CONCIERGE

Ce jour-là…

Je regrette amèrement de ne pas commencer par la belle matinée de printemps dont le lecteur se montre toujours si friand ; mais, primo, comme la scène se passe à deux heures de l'après-midi ; secundo, comme il neige à flocons au dehors, un scrupule peut-être exagéré m'empêche de maintenir quand même l'heureuse formule.

Ce jour-là donc, — 12 février 18.., — vers deux heures de l'après-midi, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous l'annoncer, la loge des époux Balandreau, concierges assermentés du petit théâtre des Divertissements-Plastiques, présentait le coup d'œil le plus animé.

C'est qu'en ce moment avait lieu à l'étage supérieur, — le public n'entre pas ici, — la répétition générale d'un de ces chefs-d'œuvre que la noble élégance du langage contemporain appelle des pièces à femmes.

La pièce à femmes est un des signes du temps.

On a souvent parlé des petites causes produisant les grands effets ; ici il a fallu, au contraire, plusieurs grandes causes pour produire l'effet le plus mesquin. Il a fallu que l'amour, l'esprit et le goût collaborassent à leur mutuelle décadence, pour que la montagne en travail accouchât de cette ridicule souris.

Trois complices pour un avortement : les auteurs, le public, et le quartier Breda!

C'est trop — des trois.

Le quartier Breda aurait dû rester un quartier et ne pas devenir une ville ; le public aurait dû respecter l'art et les artistes, en se respectant lui-même ; quant aux auteurs…