Copie ce que dois, advienne que pourra.
XIX
LE CARNET D'UN COPISTE
J'en sais pourtant un qui s'était départi de cette règle d'insouciance systématique ; c'était un naufragé du déclassement, dont la plume aurait mieux mérité que ce métier d'esclavage calligraphique.
Après sa mort, on trouva dans ses papiers un carnet sur lequel il avait coutume d'inscrire au jour le jour ses impressions.
C'était un recueil fantasque et sans suite, d'observations, de boutades, de pensées, de critiques.
Je puise au hasard quelques fragments dans l'original, qu'une suite de hasards amena dans mes mains :
« Janvier, 18…
» Ce matin, le patron m'a donné à copier un manuscrit signé d'un auteur connu et d'un aspirant dramaturge.
» J'ai compté les lignes.