C'était un couvent, à n'en pas douter.
Il tressaillit.
Pourquoi le hasard l'avait-il amené en ce lieu désert, presque inhabité?
Gaston avait toujours cru qu'il y a dans le hasard une mystérieuse intervention de la Providence, et il ne fut pas éloigné de penser que c'était Dieu lui-même qui l'avait poussé là.
Une fois que cette pensée se fut emparée de son esprit elle ne le quitta plus.
Il avança, fit le tour du mur de clôture, et finalement se trouva au seuil d'une grande porte qu'on avait laissée entrebâillée.
Il la poussa.
Elle ouvrait sur une vaste cour au fond de laquelle on apercevait un bâtiment qui présentait dans quelques-unes de ses parties certains vestiges Renaissance. Hautes cheminées ornées, toit à pans coupés, etc. À droite, se dessinait une autre construction plus moderne, dont les fenêtres à vitraux coloriés annonçaient une chapelle; puis enfin, à gauche, chose singulière et assurément anormale, en retour sur la cour, un corps de logis indépendant du couvent, et qui semblait habité par des ménages d'ouvriers et de petits bourgeois.
Gaston avait franchi le seuil de la porte; il fit quelques pas dans la cour, hésitant et craignant d'être taxé d'indiscrétion.
Pourquoi, en effet, était-il entré dans cette demeure? Il n'eût pu le dire lui-même.