Dès qu'il mit le pied sous la voûte sombre du corridor qui conduisait à la chapelle, il sentit une humidité froide tomber sur ses épaules et glacer sa chair. Le jour n'entrait que par d'étroites meurtrières, ouvertes dans le mur épais. Un silence lugubre régnait de toutes parts, et l'on y respirait une âcre senteur de renfermé et de moisi.
Quand il passa près du parloir, il y jeta un coup d'oeil et frissonna.
Cela ressemblait, avec une apparence plus sinistre encore, aux parloirs de Mazas, où le prévenu ne peut communiquer avec ses parents ou ses amis qu'à travers le guichet d'une grille.
Ici, il n'y avait pas même de guichet, et la grille était voilée d'une longue draperie de couleur sombre.
On pouvait se parler, on ne pouvait se voir.
Quand il entra dans la chapelle, il respira.
Relativement, la chapelle était lumineuse.
Des hautes fenêtres qui donnaient sur la cour tombaient de grands rideaux qui tamisaient discrètement les pâles rayons du soleil, répercutés par les mousselines et les dentelles qui ornaient l'autel.
Mais cette clarté vive et gaie s'arrêtait contre le mur opposé, interceptée brutalement par une immense grille quadrillée, doublée d'une draperie noire.
C'est derrière cette draperie, dans une salle où le regard ne pouvait pénétrer, que priaient et psalmodiaient les soeurs et les élèves, à l'abri de toute indiscrétion.