Elle le connaissait bien et elle savait qu'il avait du cruellement souffrir.

C'était le scandale, la honte, que la curiosité publique allait audacieusement exploiter.

Si elle avait réfléchi avant de fuir le couvent et d'accompagner
Gaston, peut-être eût-elle hésité.

Elle n'avait pas compris tout de suite l'énormité de sa faute.
Maintenant elle avait peur! mais il était trop tard.

Après tout, mieux, valait encore qu'il en fût ainsi. Dans la situation présente, il fallait prendre un parti, et, quel qu'il fût, il serait toujours préférable à l'avenir qui lui était réservé.

Si son père l'aimait réellement, il devait lui-même s'applaudir de cette obligation qui lui était faite de prendre une résolution définitive.

Toutes ces pensées se succédèrent rapidement dans son esprit, et elle ne conserva plus bientôt que cette sorte d'appréhension vague qui vous prend toujours à la veille d'événements importants.

Il était onze heures, elle avait déjeuné sommairement, et elle passa aussitôt dans sa chambre.

Elle y arrivait à peine quand on sonna.

Elle tressaillit et prêta l'oreille.