La colère étouffa la fin de la phrase de M. le baron de Vieux-Loup et la fit dégénérer en un sourd gémissement.
—Ah! soupira l’oncle Antoine, si ce diable incarné de Dragonne ne m’avait pas arraché à la mort hier soir, je sais bien, monsieur mon aîné, ce que je vous aurais proposé...
—Eh bien! fit le châtelain, que me proposeriez-vous?
—Je vous aurais dit, monsieur mon aîné: Il y a assez longtemps que le manoir de la Fauconnière nous défigure le paysage et nous masque l’horizon; il faut en finir; nous allons nous mettre à la tête de nos vassaux...
L’oncle Joseph haussa les épaules.
—Vous avez la berlue, dit-il, et vous oubliez que nous n’avons plus de vassaux...
—C’est juste, murmura le petit homme ventru, je me crois toujours au temps des chevaliers de la Table-Ronde.
Un nouveau geste dédaigneux du châtelain accueillit ces paroles de son puîné.
—En attendant, murmura l’oncle Antoine désappointé, qu’allons-nous faire? Cette petite pleure à nous fendre le cœur. Je l’entends sangloter d’ici.
—Nous la mettrons au couvent.