Gaston la prit dans ses bras avec un enthousiasme fébrile, et il l’emporta sur ses épaules, à travers le bois, se souvenant qu’il avait traversé, un quart d’heure avant, un petit ruisseau, vers lequel il se dirigea. Lorsqu’il y arriva, Diane était évanouie encore; il la déposa sur l’herbe et lui jeta de l’eau au visage.
Dragonne revint à elle aussitôt, ouvrit les yeux, et regarda Gaston avec un profond étonnement.
Le visage bouleversé du jeune homme et les caresses de sa chienne qui lui léchait les mains avec un hurlement plaintif, lui rappelèrent confusément ce qui s’était passé.
—Ah! dit-elle avec un soupir et enveloppant Gaston d’un regard noyé de langueur, c’est la première fois de ma vie, mais j’ai eu bien peur.
—Et moi! fit Gaston en portant la main à son cœur qui battait à rompre.
Dragonne laissa échapper un geste de douleur, son bras lui faisait mal.
Gaston la rassura, lui dit que la blessure était sans gravité, et l’engagea à se lever et à rentrer au château.
Dragonne remarqua alors le désordre de son costume; elle rougit et rajusta pudiquement sa veste, après avoir fait, avec sa cravate, une écharpe pour son bras.
La distance du lieu où Dragonne et Gaston se trouvaient alors était, par un raccourci qui suivait la lisière des bois, d’une demi-heure de marche à peine.
La douleur qu’éprouvait Dragonne n’était point assez violente pour l’empêcher de marcher, et elle s’appuya sur le bras de Gaston.