Tony écumait de rage, mais le bras gauche de «mame Toinon» était véritablement un étau, duquel il lui fut impossible de se dégager, pendant que le comte, toujours riant aux éclats, remettait son épée au fourreau, puis s'éloignait...
Alors mame Toinon embrassa son commis, puis le regarda avec amour à la lueur du réverbère.
Tony pleurait.
—Il a raison, dit-il en sanglotant, je ne suis qu'un courtaud de boutique...
Il s'opéra en lui comme une révolution.
L'histoire qu'il avait lue, l'avait initié aux moeurs et à la vie des gentilshommes. Il se sentit rougir à la pensée que la marquise de Vilers, elle aussi, quand elle le reconnaîtrait, ne verrait peut-être en lui que le commis de mame Toinon.
Il se frappa sur le coeur et dit:
—Cela changera!
À partir de ce moment, l'avenir de l'enfant était-il donc irrévocablement décidé?
Toutefois, pensant à la marquise, il se souvint qu'elle était restée au bal.