—Et dans ma propre voiture! répondit le nouveau venu.

—L'enlever! mais qui donc alors? murmura Tony.

Les Hommes Rouges étaient non moins stupéfaits que lui.

Le carrosse qu'ils avaient amené pour enlever la marquise avait servi à un autre!...

Quel pouvait être cet autre qui était venu ainsi se jeter si fatalement dans leurs brisées?

Comment avait-il su que le carrosse était là tout prêt, tout disposé pour une longue route?

Un instant, l'idée leur vint que ce courtaud de boutique, qui se mêlait de leurs affaires, était peut-être l'auteur de leur mésaventure.

Mais il n'y avait qu'à regarder Tony pour se convaincre de sa parfaite innocence et même de l'abattement dans lequel l'avait plongé le mystère qui venait de s'accomplir. On ne joue pas ainsi, à un tel âge, le désappointement, le trouble, la peur de l'inconnu.

Sans plus s'occuper de lui, qui semblait hébété sur le siège où la surprise l'avait cloué, les trois amis quittèrent donc cet hôtel où ils n'avaient que faire.

Leurs chevaux, gardés par des palefreniers, les attendaient sur le quai, non loin de l'hôtel de Vilers.