Le pauvre Tony était pris entre deux lames menaçantes.
Il était perdu.
Que pouvait-il faire, en effet, contre ces deux hommes que toute l'armée avait connus comme les plus habiles bretteurs de l'entourage du maréchal de Belle-Isle?
Mais s'il fallait mourir, au moins Tony mourrait bravement, et en donnant, lui aussi, la mort. Se jetant dans une encoignure, il attendit de pied ferme l'attaque de ses ennemis.
Il en vit venir en effet un encore, celui-là même qui tout à l'heure bâillonnait Joseph.
Seulement l'arrivant, au lieu de sembler prêt à tirer l'épée, avait au contraire l'air consterné.
Il dit:
—On vient d'enlever la marquise!
A ces mots, il y eut comme une trêve entre les trois adversaires abasourdis.
—Enlever la marquise! s'écrièrent-ils ensemble.