Était-ce par crainte du scandale?
Non. Qu'eût pu faire le magnat contre sa réputation? N'était-elle pas l'épouse légitime et respectée du marquis de Vilers?
Ce n'était pas non plus par reconnaissance pour les soins qu'enfant elle avait reçus du vieux comte, madame de Vilers savait trop bien maintenant à quoi s'en tenir sur le but intéressé qui avait dicté ces soins.
Si elle l'avait suivi, c'était uniquement par peur, non pour elle, mais pour son mari.
Ce qui s'était passé lui avait en effet paru étrange.
Le marquis était sorti pour quelques heures, afin de choisir les costumes que lui et sa femme devaient porter au bal de l'Opéra.
Puis à sa place était arrivé un commissionnaire et M. de Vilers avait fait dire que, appelé à Versailles par une affaire inattendue et pressante, il était contraint de renoncer au plaisir de l'accompagner.
Selon le désir de son mari, qui promettait d'ailleurs de la rejoindre à ce bal, elle y était allée malgré tout.
Là, elle avait rencontré l'un de ces officiers dont elle se rappelait à peine le visage, l'un de ces Hommes Rouges qu'elle avait vus à Fraülen à côté de celui qui devait être son mari, le soir où celui-ci lui demanda de les aider dans l'accomplissement d'un pari...
Cet homme l'avait insultée...