Nous avons vu ce gamin remplir consciencieusement sa mission.

Il nous reste maintenant à expliquer comment le magnat avait eu connaissance de l'enlèvement projeté par les Hommes Rouges.

Arrivé à Paris depuis quelques jours seulement, le Hongrois avait établi ses batteries du côté de l'hôtel de Vilers, cherchant une occasion favorable pour enlever la jeune femme, pour laquelle il éprouvait cet amour sénile, qui est le plus effréné de tous les amours.

Apprenant que madame de Vilers venait de partir sans son mari pour le bal de l'Opéra, ce qu'indiquaient assez son costume et son masque, il avait jugé l'occasion favorable.

Mais il était arrivé trop tard. Les Hommes Rouges avaient déjà rencontré la marquise.

Du premier coup d'oeil, il les reconnut.

Il les avait remarqués à Fraülen, causant avec la jeune comtesse et fort empressés auprès d'elle... Cela avait suffi pour que leur visage se gravât dans sa mémoire.

Se doutant à juste raison qu'ils parleraient d'elle, il les avait suivis et écoutés.

Il apprit ainsi que, le lendemain, une voiture serait prête et les attendrait pendant que l'un de leurs laquais les introduirait dans l'hôtel.

Il se promit de profiter de leurs préparatifs.