—Ah! petit misérable, s'écria Maurevailles, tu te trouveras donc toujours sur notre route! Je vais te guérir une bonne fois de ta manie de te mêler de ce qui ne te regarde pas.
Et il fondit sur Tony, l'épée haute. Le jeune soldat n'eut que le temps de bondir en arrière.
—Au secours! cria inconsciemment la marquise.
—Tiens, tiens, dit railleusement Tony, il paraît que nous ne reculons pas au besoin devant l'assassinat, monsieur le capitaine?...
—Défends-toi!... cria le comte en le poursuivant.
—Me défendre? Avec quoi?... Ah! de capitaine aux gardes-françaises, devenir voleur de femmes et spadassin, pour un gentilhomme, la chute est lourde!... disait Tony; en fuyant d'arbre en arbre, avec l'agilité d'un gamin de Paris et en évitant les atteintes de Maurevailles, qui, écumant de colère, le poursuivait toujours.
—Au secours! au secours! continuait de crier la marquise affolée.
—Je te clouerai comme un hibou le long d'un de ces arbres! hurlait le capitaine en courant après Tony.
Mais le gamin, toujours railleur, répliquait:
—Vous ne clouerez rien du, tout! Dites donc, capitaine, et moi qui vous apporte un ordre du colonel...