Avec toute la pudeur qu'elle devait à ses instincts autant qu'à son éducation, elle lui fit part des infâmes propositions du magnat.

Quand elle en arriva à parler du soporifique:

—Oh, le misérable! s'écria Tony. Mais alors qu'allez-vous devenir?

—Tranquillisez-vous, mon parti est pris. Il est bien simple. Je refuserai désormais toute nourriture, toute boisson. Mon mari est mort. Je mourrai.

—Mourir? Vous! Mais vous n'en avez pas le droit. Il faut le venger. Voudriez-vous me laisser poursuivre seul cette tâche?

—Ma douleur m'enlèvera tout courage...

Le jeune homme eut un mouvement sublime.

—Du courage? Mais je vous en donnerai, moi. Moi et une autre...

—Que voulez-vous dire?

—Qu'une grande consolation vous est réservée, car celui que vous pleurez a laissé une enfant...