—Vous nous honorerez, Monsieur, en partageant désormais tous nos repas.

—Mais non, avait bien essayé de dire le magnat, monsieur préférera certainement manger dans sa chambre.

—Du tout, avait répliqué la marquise, il est trop bon gentilhomme pour nous priver du plaisir de sa compagnie...

Et le magnat avait remarqué qu'elle ne mangeait, qu'elle ne buvait que lorsqu'il avait lui-même touché aux plats ou aux boissons. Il n'y avait donc plus de surprise possible.

La marquise, d'ailleurs, toute à sa douleur, n'avait guère la forcé de manger. De même, elle ne parlait que lorsque, par un mot, elle trouvait le moyen de se défendre contre le magnat.

Le pauvre comte allait avoir à lutter contre bien d'autres ennemis.

Maintenant ce n'était plus un seul des Hommes Rouges, c'étaient tous les trois qui connaissaient la retraite de la femme qu'ils aimaient.

Et tous trois venaient d'arriver à Blérancourt, suivis de leurs soldats... Que faire?

Un instant, le comte se demanda s'il ne devait pas donner l'ordre d'atteler une chaise de poste et s'enfuir pendant la nuit avec Haydée pour gagner son château des bords du Danube.

Mais il réfléchit que la guerre était déclarée, et que, en route, il aurait à craindre d'être arrêté, retardé, rejoint par ses ennemis.