—Eh bien, maman Nicolo, dit Tony, madame de Vilers est ici...
—Ici!!!
—Et elle court un grand danger...
—Ah! vertuchoux! et tu ne disais pas cela tout de suite! Par saint Nicolas, mon patron, maman Nicolo vaut un homme au besoin... les mauvais gars du régiment en savent quelque chose. Parle, mon camarade, parle vite. Que faut-il faire?
Et Tony répondit à la brave cantinière:
—Ce qu'il faut faire? Bien, que venir avec votre fille auprès de la marquise, pour la consoler et la garder, pendant que je n'y serai pas.
—Antoine! Baptiste! cria d'une voix de tonnerre maman Nicolo à ses deux garçons, houp! mes enfants, fermons la cambuse. Et vous, mes agneaux, reprit-elle en s'adressant aux buveurs abasourdis, nous ne sommes pas ici en garnison. Si le colonel savait qu'on s'amuse à boire, il ferait un beau tapage. Allons, au galop, le dernier coup et videz la place! N, I, ni, c'est fini!
Et, disant cela, la vivandière poussa vigoureusement ses pratiques et les éloigna de son comptoir improvisé. En un clin d'oeil, les abords de la tente furent libres.