» Je vais faire élever en cet endroit une tente convenable pour vous y recevoir et je suis, en attendant cet honneur, monsieur le major,
» Votre très obéissant,
» Marquis DE LANGEVIN.»
Or le jour de la Toussaint, les officiers français et les officiers autrichiens, profitant des conventions arrêtées, se rencontrèrent hors de la ville et firent assaut de courtoisie.
Notre mestre-de-camp, le marquis de Langevin, dont la fortune personnelle était considérable, donna aux assiégés un dîner splendide, et les dames de la ville furent invitées à venir danser sous une tente illuminée par des feux de Bengale et des lanternes vénitiennes.
Le lendemain, jour des Morts, on ne dansa pas dans Fraülen; mais nous fûmes invités à une messe en musique et nous dînâmes chez le major.
Le dimanche suivant, un magnat hongrois, fabuleusement riche, nous donna une fête splendide dans sa maison de campagne, située au delà du Danube et par conséquent sous la protection du canon des forts.
C'est à cette fête qu'a commencé pour moi la série d'événements étranges et terribles qui pourraient bien, au premier jour, avoir ma mort pour conclusion.
Je l'ai dit, nous étions quatre amis, quatre frères d'armes, servant dans le même régiment, nous tutoyant, n'ayant pas de secrets les uns pour les autres et faisant bourse commune.
On nous appelait les quatre Hommes rouges; et voici pourquoi: