—Soit, où tu dis, dans une heure!

Les trois officiers sortirent. Tony resta seul atterré.

—Que faire, se demandait-il, pour sauver la marquise?

Prévenir le magnat? C'était l'inviter à redoubler la surveillance dont Haydée était l'objet; c'était s'enlever à lui-même les moyens de lui venir plus tard en aide.

Aller avertir le marquis de Langevin? N'était-ce pas un peu tôt l'initier à ses affaires intimes et s'exposer à compromettre un appui qui pourrait devenir précieux?

Ah! combien Tony regrettait de ne pas avoir accepté l'offre que le gascon La Rose et le Normand lui avaient faite devenir avec lui...

—Eh! mais, pensa-t-il tout à coup, j'ai devant moi une heure. En une heure on entreprend bien des choses. Que ne vais-je les prévenir?

Et il courut à toutes jambes chercher ses deux amis.

En le voyant arriver tout essoufflé, les braves gens ne demandèrent pas d'explications; ils bouclèrent leur ceinturon et le suivirent.

Tony les conduisit sans mot dire jusque dans la cour du château, où, à la faveur de la fête, ils purent pénétrer sans être remarqués.