L'homme, qui se noyait, se débattait faiblement, puis cessa de remuer. Le nain le considérait avec une joie farouche.

Tout à coup, une idée lui vint. Il avait cru reconnaître de nouveau Maurevailles.

—Bête que je suis, se dit-il, c'est l'homme qui m'a donné de l'or de France... Et je le laisserais se noyer comme un chien! Pas si sot! Il n'y a peut-être qu'à le sauver pour faire ma fortune!

Il descendit au galop et saisit par son manteau... le marquis de Vilers qui, fatigué par sa blessure récente et par la lutte qu'il venait de soutenir, avait perdu connaissance. Il l'attira au bord.

Avec une force qu'on n'aurait jamais pu soupçonner dans un corps chétif comme le sien, il traîna le marquis jusqu'à un bosquet d'arbres voisin.

Les secousses de la route furent meilleures que toutes les frictions possibles. Vilers ouvrit les yeux.

—Qui êtes-vous? murmura-t-il.

—Chut, dit le nain, en mettant un doigt sur sa bouche. Vous ne voudriez pas me perdre!

—Le nain!... dit Vilers en le reconnaissant, merci. Je ne t'oublierai pas...

—Attendez-moi là... Je me sauve. Si on s'apercevait de mon absence, ma vie ne vaudrait plus une pistole.