Et le nain s'esquiva au galop. Il était temps. Les serviteurs du magnat, lancés de tous les côtés, faisaient irruption de ce côté du bois. Ils avaient l'ordre de fouiller minutieusement jusqu'au moindre bosquet.
Le gnome s'était mêlé à eux, leur avait fait prendre une fausse direction, puis, après une vaine battue, était rentré tranquillement avec eux au château où le traban les attendait, pour les envoyer l'un après l'autre au magnat.
Mais il n'avait plus peur du traban, ni du magnat, ni de personne, la nain chétif et pauvre!
Il se disait:
—Je vais être riche, riche, riche...
XXIII
QUAND ON EST SECRÉTAIRE...
Le magnat, n'ayant pu rien savoir de ses muets, résolut de faire une seconde enquête. Mais, n'osant la solliciter en personne, il écrivit au marquis de Langevin pour le prier de lui envoyer les officiers qui avaient pris part au combat de la nuit, afin qu'il les interrogeât lui-même.
A cette demande, le vieux colonel bondit.