—Vos amis? ils croiront que, tout entier à l'amour d'Haydée, vous renoncez à eux... à l'armée, à l'honneur... Ils ne penseront à vous que pour vous mépriser, vos amis. D'ailleurs, voilà enfin le moment où ces gardes-françaises maudits vont abandonner le pays. Demain matin, de votre cachot, vous pourrez entendre le tambour battre, les trompettes sonner le départ. Les chants joyeux des soldats en marche arriveront jusqu'à vous... jusqu'à vous, prisonnier, jusqu'à vous qui implorerez en vain et dont, à cette heure même, commencera l'agonie. Chevalier de Maurevailles, dites, n'est-ce pas que je sais me venger?

—Mais, elle, elle!... s'écria Maurevailles en désignant Réjane, qui, toujours assise sur le parquet, semblait assister, indifférente, à cette scène. Elle!... Que vous a-t-elle fait? Faites-moi mourir, mais sauvez-la!...

—Allons donc! tu profiterais de l'occasion pour t'enfuir avec elle!...

—Non, sur mon salut éternel, je vous le jure!...

—Ah! le joli serment! Non, non, je ne te crois pas. Adieu, Maurevailles, je te souhaite une heureuse nuit de noces...

A ce mot, la jeune fille sortit de sa torpeur.

—Une nuit de noces... répéta-t-elle, qui donc parle de noces ici?... Ah! oui... c'est moi qui me marie....Oh, quel bonheur!...

Et elle se leva, l'oeil enflammé.

—Mon Dieu! murmura Maurevailles, que dit-elle?

Réjane tendait les mains vers un objet invisible: