Peut-être se souviendra-t-elle mieux que vous...

—La pauvre enfant, hélas! a perdu la raison.

—Que m'apprenez-vous! Mais consultons-la tout de même. Elle retrouvera instinctivement l'endroit où elle a reçu le coup terrible qui a troublé sa raison... Allons la chercher.

On se rendit à l'appartement de la marquise où Maurevailles avait conduit la jeune fille. Il fut impossible de rien lui faire dire. Au seul nom du magnat, elle se tordait dans d'horribles crises, dont elle ne sortait que pour divaguer ou se plonger dans une morne torpeur.

Restait le nain. Lui, qui connaissait tous les mystères du château, qui avait suivi le magnat et l'avait jeté dans la trappe, devait savoir où il l'avait laissé.

Mais l'avorton n'était pas disposé à parler. Comme il l'avait dit maintes fois, le magnat était homme à le faire pendre haut et court, aussitôt qu'il pourrait revenir sur terre. C'était une perspective peu rassurante.

En outre, il s'imaginait servir Maurevailles et Réjane en gardant le plus profond secret.

Aussi, quand on l'interrogea:

—Non, non, murmura-t-il en secouant sa grosse tête crépue, le vilain oiseau est en cage: il faut l'y laisser. Il est très bien!

—Songe qu'il est blessé, mourant peut-être, dit Maurevailles.