—Dès le moment où elle sera informée de la disparition du comte, ce sera à elle de décider de ce qu'il y aura à faire.
—Et peut-être aura-t-elle sur ce nain enragé plus d'influence que nous.
Il ne pouvait plus leur rester, en effet, que cette seule espérance.
Ils allèrent chez la marquise.
S'ils s'étaient rendus une heure plus tôt auprès de madame de Vilers, ils l'auraient trouvée tout entière à sa douleur, d'autant plus vive qu'elle s'accusait d'être la cause de la mort de son mari.
N'avait-elle pas d'abord, se fiant aux paroles du magnat, consenti à le suivre dans ce fatal château où le marquis avait dû venir la chercher?
N'avait-elle pas ensuite, prise d'une folle terreur, lancé elle-même des bourreaux contre son mari qu'elle n'avait pas reconnu, et qui avait fait des prodiges pour arriver jusqu'à elle?
Une seule personne eût pu désabuser la marquise; c'était Réjane, qui venait de voir M. de Vilers. Mais Réjane était folle, et les muettes, attendries pour la première fois de leur vie, n'avaient pas osé la montrer à la marquise.
Madame de Vilers était donc assise auprès de la fenêtre, regardant, sans le voir, le panorama qui se déroulait sous ses yeux.
Maman Nicolo et Bavette respectaient sa douleur.