Mais voilà qu'aux environs du camp, il avait un soir rencontré une fillette rose et blonde, au front pensif, aux cheveux cendrés tombant en longues nattes sur son corsage de velours brodé, la plus appétissante des Greetchen passées, présentes et à venir.
Était-ce l'occasion tant désirée?
—Parbleu, se dit le jeune homme, si les gardes-françaises, nos joyeux compagnons, prétendent que chez eux: On fait l'amour, tout le jour... je ne vois pas pourquoi le régiment de Bourgogne n'aurait pas les mêmes privilèges... Palsembleu, la jolie fille! Il serait dommage de la leur laisser... Du diable, si je ne lie pas tout suite connaissance avec elle.
Et, frisant sa petite moustache blonde, du Clos pressa le pas pour rejoindre la fillette.
—Elle doit s'appeler quelque chose comme Bettina, Roschen ou Gestraut, se dit le cornette, essayons un de ces noms.
—Eh, mamsell Bettina! cria-t-il.
La jeune fille se retourna en riant.
—Nicht Bettina..., Lisbeth! dit-elle en montrant ses dents blanches.
—Parbleu, je ne me trompais qu'à moitié, s'écria du Clos enchanté, et sans se déconcerter.
—Wo gehen Sie (où allez-vous), belle Lisbeth? reprit-il en allemand, ne voulez-vous pas me rendre mon coeur que vous m'avez ravi au passage?