—Eh bien, mon enfant, reprit-il en saisissant les mains de la jeune fille et en la conduisant auprès de sa soeur, soyez sans crainte. On le ménagera, votre Roméo. Et, si vous le désirez même, on vous le ramènera.
Réjane ne put se défendre de se jeter dans les bras de l'excellent baron qui n'avait point trompé son attente, puis se retira avec sa soeur...
XI
UN DE MOINS
Tandis que madame de Vilers et Réjane retournaient à Paris, le baron de Chartille brûlait la route.
Avec une vigueur incroyable à son âge et que lui eussent enviée bien des jeunes gens, il ne quitta, ni jour ni nuit, sa chaise de poste, ne s'arrêtant que pour relayer et se faisant apporter ses repas dans la voiture.
Enfin le baron arriva au camp, et après s'être fait reconnaître, demanda une entrevue immédiate à Maurice de Saxe.
Son nom était bien connu. Le maréchal s'empressa de recevoir le brave centenaire en s'enquérant avec déférence du motif évidemment grave qui pouvait l'amener à l'armée.
M. de Chartille le pria de vouloir bien faire mander les trois officiers avec lesquels il désirait avoir en sa présence un entretien sérieux.