—Qu'ils courent vers Paris, se disait-il, tout gaillard. Vrai Dieu, ils auront affaire à forte partie. La marquise sera bien gardée. Je lui donnerai un défenseur dont il me coûte d'invoquer l'aide, mais je n'ai pas le choix des moyens. Pendant que j'éclaircirai le mystère qui plane sur la mort de Vilers, je leur montrerai que fuir ne sert de rien avec moi!
Et il fouetta son cheval. Il avait hâte de voir le nain, qui, seul, pouvait l'aider dans ses recherches!
De ce beau soleil de juillet, de cet air embaumé qui réjouissaient tant le baron, une autre personne profitait aussi; une personne qui, pour protéger la marquise, lui eût été, si le nain l'avait déjà trouvée, un auxiliaire bien plus utile que celui dont il se proposait de demander le secours, quelque important que fût ce secours.
Nous voulons parler de notre ami Tony.
Grâce à la cure miraculeuse du docteur Van-Hülfen, le jeune officier avait triomphé de la crise qui devait l'emporter ou le sauver. Depuis, il reprenait des forces à vue d'oeil.
Le lendemain du jour où avait eu lieu le service en son honneur, Tony dit à mame Toinon.
—Qu'il fait beau, ce matin!... Il me semble que l'air de la campagne me ferait du bien!...
—Mais es-tu assez fort?... Ne crains-tu pas que la marche te fatigue? répondit l'excellente femme.
—Oh! rien qu'une petite promenade...
—Eh bien, soit! Habille-toi...