—Parbleu, dit Tony joyeusement, qui en doute?

—Et, maintenant, si, quoique officier, vous me faisiez l'honneur de croiser le fer avec moi... avec des fleurets boutonnés, s'entend...

—Tu me toucherais à tout coup?... C'est bien possible. Aussi te demanderai-je des leçons...

—Pas avant d'avoir bu un moos de bière, toujours, se récria La Rose. Allons, mon cornette, venez trinquer encore une fois comme à votre entrée au régiment. Nous buvions alors pour fêter votre arrivée; nous boirons, cette fois, à votre heureux retour.

—A votre heureux retour, répéta le Normand.

—Je veux bien, et certes ce sera de bon coeur, dit le jeune officier.

Tony ne connaissait pas le camp; il ne savait pas où La Rose allait le conduire.

Et où l'aurait-il mené, le brave Gascon, sinon au cabaret de maman Nicolo, là où s'était cimentée leur amitié, là où elle devait être renouvelée?

Mais Tony n'y pensait pas. Les événements, l'émotion lui avaient pour un instant fait oublier Bavette et sa mère.

Quand le souvenir lui revint, il était sur le seuil de la cantine.