La maison du roi, la gendarmerie et la brigade composée de deux régiments de gardes-françaises, partirent le 17 octobre pour Paris. Tous ces mouvements de troupes sont rigoureusement authentiques.

Dans les premiers jours de novembre 1746, semblaient donc s'être donné rendez-vous à Paris tous les survivants de ces tragiques aventures.

Mame Toinon était revenue à sa maison de la rue des Jeux-Neufs, qu'elle avait si bien espéré ne plus revoir.

Elle y avait retrouvé, gardant toujours la boutique, la fidèle Babet dont la figure maussade était devenue presque gracieuse de joie à l'arrivée de sa patronne.

On juge si les voisins étaient accourus, attirés un peu par sympathie et beaucoup par curiosité, s'enquérir des événements curieux qui avaient dû se passer dans le lointain voyage de la costumière.

Mais leur attente avait été déçue.

Toinon, en effet, n'était plus la joyeuse et gaillarde et bavarde personne que nous avons présentée au début de notre récit.

Depuis son départ, un grand changement s'était opéré en elle.

Elle était sérieuse, triste, presque timide...

Toinon, en arrivant à Paris, avait eu tout d'abord un cruel désappointement.