—Monsieur, Monsieur, dit-il, la marquise vient de sortir en carrosse, avec sa soeur, mademoiselle Réjane.
—De quel côté vont-elles?
—Elles vont sortir par la porte Saint-Antoine et aller jusqu'au donjon de Vincennes. La marquise compte se promener dans les allées du bois.
—Parfaitement, s'écria Maurevailles avec une sinistre joie. Elle ne pouvait choisir un endroit plus propice à mes desseins! Allons, Lacy, en route et bon courage! Nous touchons au but, cette fois!
Les chevaux étaient prêts. Les deux officiers, qui avaient quitté leurs uniformes pour revêtir de riches costumes de ville, sautèrent en selle, non sans s'assurer que les fontes étaient solidement garnies.
—Défiez-vous, monsieur le chevalier, fit observer Luc. Je vous avertis que le carrosse est accompagné et surveillé...
—L'avis est bon, dit Maurevailles, en haussant les épaules, mais, nous aussi, nous avons pris nos précautions.
Ils piquèrent des deux et partirent dans la direction de la Bastille où ils comptaient joindre le carrosse qui allait fort lentement.
La promenade choisie par la marquise était fort belle. Le long de la route, les folies—c'est ainsi qu'on nommait alors les petites maisons où les courtisans allaient loin des regards curieux se livrer à leurs ébats—les folies, disons-nous, étalaient leurs parcs et leurs jardins aux senteurs parfumées.
Les derniers rayons du soleil d'automne illuminaient la route, au bout de laquelle le bois ombreux offrait un refuge tranquille au promeneur ennemi de la foule.