—Patience, dit le chevalier. Peut-être demain soir pourrai-je te dire tout.
—Peut-être! se dit Marc; eh bien, oui, je saurai tout, mais par moi-même. Puisque Maurevailles se cache de moi, je n'ai pas de ménagements à garder... Demain soir, je le suivrai et bon gré mal gré, je sonderai le mystère...
Pendant ce temps, notre ami Goliath arrivait à Saint-Germain, poudreux, boueux, harassé de fatigue, mais enchanté. Il alla frapper à coups redoublés à la porte de l'hôtel du baron de Chartille.
Ce n'était pas chose facile que de pénétrer à pareille heure auprès du baron, et Goliath dut longuement parlementer. Mais nous savons qu'il était tenace!
À force de paroles, il réussit à se faire introduire auprès du vieillard.
Celui-ci le reçut couché et lui demanda, tout ému, ce qui pouvait nécessiter une visite si pressée.
Goliath le mit promptement au courant de la situation.
—Je viens à vous tout d'abord, dit-il en terminant, parce que c'est vous qui m'emplissez la poche et que vous êtes le premier à qui je doive compte de mes actions. Mais n'êtes-vous pas d'avis que je devrais aussi aller tout dire à mon brave ami, mon lieutenant, M. Tony? Y consentez-vous?
—Si j'y consens, morbleu! s'écria le baron en sautant à bas de son lit, mais c'est-à-dire que je le veux absolument. Nous allons même y aller ensemble... Comtois, Lapierre! qu'on m'habille au plus vite et qu'on fasse atteler!
Les valets s'empressèrent d'obéir. Le baron se vêtit à la hâte.