En attendant, comme le baron ne voulait pas se montrer dans Paris, Goliath alla commander un déjeuner qu'il servit dans la chambre même de Tony.

La journée se passa en hypothèses et en projets. Le soir venu, on allait partir, quand le baron demanda tout à coup:

—Dites donc, Tony, et ces braves gens qui, au camp, vous croyant mort, étaient venus me demander de faire prier pour vous?

—La Rose, le Normand et Pivoine? dit en souriant l'ancien commis à mame Toinon.

—Justement. Que sont-ils devenus? Sont-ils à Paris?

—Oui. Nous pourrions les trouver à leur caserne, à deux pas d'ici.

—Si nous les prenions en passant. On ne sait pas ce qui peut advenir. Si l'homme qu'a vu Goliath avait avec lui des amis ou des spadassins!... Nous avons besoin d'être en force, ne fût-ce que pour placer des sentinelles à toutes les issues, afin qu'il ne nous échappe pas.

—Je ne demande pas mieux, dit Tony. Attendez-moi un instant, je vais les prévenir.

Quelques minutes après, les trois gardes-françaises arrivaient.

—En route! dit le baron.