Cependant, comme aucune de ces ombres ne paraissait avoir l'intention d'entrer et que leur mission à eux consistait surtout à surveiller la porte, ils se dirent que, la marquise étant sur le point d'accoucher, ils avaient peut-être affaire à des curieux ou à des amis attendant l'événement.
Goliath, qui savait à quoi s'en tenir et qui avait reçu de La Rivière la haute main sur cette expédition, les rassura sur ce sujet et les confirma dans cette idée.
Les ombres, du reste, ne tardèrent pas à diminuer et à s'éclipser tout à fait.
Le baron de Chartille et ses amis s'étaient en effet concertés. Ils avaient eu d'abord l'idée d'agir ensemble. Mais ils avaient promptement reconnu que c'était là une chose impraticable.
Ne sachant en aucune façon ce qui se passait et à qui ils avaient affaire, songeant que l'imprévu peut à tout instant modifier le plan le mieux conçu, ils décidèrent d'agir isolément.
Pivoine, le Normand et La Rose furent renvoyés aux Armes de Bretagne, avec consigne d'avoir l'oreille au guet et de se tenir prêts au premier signal.
Le baron qui pouvait officiellement pénétrer dans l'hôtel, se chargea de veiller dans une des pièces voisines de la chambre de la marquise.
Le nain retourna avec les exempts, afin de pouvoir, au besoin, les mettre au service du baron et de ses amis, et les empêcher, au contraire, d'intervenir au cas où on aurait intérêt à ce que la police ne se mêlât pas de ce qui se passerait.
Quant à Tony, il demanda à être partout à la fois, et pour commencer, entrant avec le baron par la grande porte, il se rendit dans le jardin afin de faire une ronde intérieure, tandis que les exempts, restés seuls sur le quai avec Goliath, faisaient la surveillance à l'extérieur.
Se rappelant ce que lui avait dit le nain, au sujet du vieux kiosque, ce fut là qu'il porta d'abord ses pas.