—Miséricorde! monsieur le marquis qui reparaît!... dit une des suivantes en reconnaissant Vilers.
—Mais, comment est-il mort?... Voyons, parlez! parlez! dit le marquis avec impatience.
—Assassiné, dans les jardins!...
—Oh! courons, courons!
L'arrivée du marquis avait porté le comble au désarroi de l'hôtel. L'enfant enlevé, le prétendu ravisseur exécuté dans le jardin, après une chasse folle, Réjane mourant près de lui, le baron de Chartille assassiné, enfin le marquis de Vilers reparaissant avec l'enfant: tout cela faisait perdre la tête aux braves gens, qui se croyaient le jouet d'un cauchemar.
La nouvelle du retour du marquis se répandit rapidement. Le vieux Joseph arriva, pâle d'émotion.
—Ah! mon bon maître, quelle joie après tant de chagrins!... Cette pauvre mademoiselle, ce pauvre monsieur le baron!... Mon Dieu! mon Dieu!... Il faut bien que vous reveniez pour nous empêcher de mourir de désespoir... Venez, venez vite... Ah! que madame va être heureuse!...
Mais, avant d'être époux, Vilers se montra ami fidèle.
—Conduis-moi d'abord, dit-il, auprès du cadavre du baron.
Joseph obéit et le marquis se rendit auprès du corps inanimé de celui qui, en son absence, avait été le vaillant défenseur de sa famille.